Poèmes choisis
Je regarde, sans voir, les stations qui défilent,
Les néons qui allument les dessous de la ville.
Saint-Maur, Vincennes, Nation...
Il y a des yeux qui lisent et des lèvres pincées,
Des relents de sommeil et des rêves cassés.
Voici la Gare de Lyon.
Et les gens se bousculent, se choquent, se poussent, se serrent.
Il n’y a pas de place. Il n’y a rien à faire.
Châtelet : Attention !
Vous n’auriez pas un franc ? Il est neuf heures moins vingt.
Il est une vie moins dure. Cigale. Sans matins.
Auber, Etoile... Pardon !
Je me fraie un passage, les fourmis sont hostiles.
Et j’émerge à Courcelles dans un bistro tranquille.
Oui, un café, Patron.
Je défais mon manteau, je retire mes gants.
Et Paris qui s’éveille a l’odeur des croissants.
Où est mon horizon ?
Nina Padilha © Décembre 1992