Poèmes choisis
Le poète ébloui, par sa muse inspiré, Évoque ses émois dans des vers torturés Qu'il dédie à la dame occupant ses pensées. Et sa plume s'exalte en stances énamourées. La belle, indifférente aux élans qu'elle engendre Sourit de voir l'amant se perdre en...
Illustration : Pastel de la Barbouille © http://labarbouille.over-blog.fr C’est au cœur des Cévennes que j'erre en liberté Depuis que la faucheuse est venue emporter Celui qui prenait soin de mes sœurs et de moi. Le village est désert. Des fantômes, parfois,...
On entendait, au loin, les chevaux au pas lourd Toujours rentrés le soir, juste après les labours. Le soleil était bas, rougeoyant l'horizon, Brûlaient quelques sarments au cœur de la maison. Une odeur de poireaux retroussait les babines De ceux qui arrivaient...
Un secours éthylique Guide ma pauvre plume Qui, d'un trait chaotique, Se remplit d'amertume, Et se grise… J'envie la rime abstène Des félibres inspirés. Mes vers ont la migraine. Quand ils sont désirés : Ils se brisent… Mon talent insécure S'entête et...
Matin chagrin au petit jour. Le soleil boude mon balcon. Je me sens mal, mon corps est lourd. Je reste au chaud dans mon cocon. Mes yeux agressés de lumière, Ce feu qui incendie mon front, Je bois des litres de thé vert Avec du miel et du citron. Et cette...
"Me voilà revenu dans l'abri silencieux Et pur des montagnes." Un endroit escarpé où l'on touche les cieux Quand l'excès vous gagne. Un abus d'oxygène, ivresse des sommets, Bulles de champagne… Oubliés les mirages, les rêves enfermés, Les mats de cocagne....
J'ai ouvert les volets mais fermé les fenêtres. Allons, qu'arrive-t-il à notre thermomètre ? Un avril estival qui semblait augurer Quelques mois de soleil… Mais il n'a pas duré. Il fait froid, le matin, la pluie tombe sans cesse. Et qui nous a parlé,...
Vous passerez me voir, peut-être par hasard, Alors je vous dirai, avant qu'il soit trop tard : Lire en moi et écrire pour me livrer, parfois, La plume disposée qui s'agrippe à mes doigts, Lovée dans le silence en écoutant mon cœur. Oublier un instant...
Mes mots, devenus bleus, ont écarté les plaintes Et mon cœur satisfait d'une fierté non feinte, Contemple, bienheureux, ce troisième recueil Car, être publiée, j'en avais fait mon deuil. Mes vers, subitement, dansent la farandole Aux sentiments émus je...
Je refuse le gris plombant mon horizon, L'outrage de cuisants et pénibles revers, Ces comptes négatifs et ces troubles divers Donnant à mes poèmes d'ardues inclinaisons. Je refuse la vague que me lance la houle J'ai une vie derrière mais des rêves devant....
Chaque jour précédent, j'ai abattu des cartes, Joué au coup par coup petits et grands arcanes, Mais dans ce jeu de dupes où la chance ahane, C'est toujours le meilleur que la pensée écarte. J'ai tenté mon va-tout, frappé à tant de portes, Pour araser...
Et j'aurais tant aimé voir les feux d'artifice Que lançaient, hier soir, les communes alentour. Mais sortir aurait été, pour moi, un sacrifice. Il y en aura d'autres, ailleurs, un autre jour… Puis ce matin, des soldats, au pas cadencé Ont défilé en musique,...
Phénomène atypique, elle est mon bouclier Protégeant mon mental, me donnant de la force Pour rire des revers qui me sont infligés. Elle est comme une armure, un phanère, une écorce. Et je lutte, en riant, à bord de mon esquif. Je ne peux pas changer la...
A Jean François Le facteur est venu apporter ton ouvrage. Et c'est avec bonheur que j'en tourne les pages. Voilà qui me ravit, et j'en oublie la rage De mes combats perdus dont j'essuie les outrages. Ces photos réussies offertes en partage. Sur le papier...
J'avance doucement pour ne pas déranger Les arbres frémissants agitant leurs ramures. Dans la brise d'été j'écoute leur murmure Et j'envie les secrets qu'ils ont à partager. Les esprits et les fées, dessous la canopée, Y tiennent leur demeure mais je...
Matinale, Marie. Maugréant car maussade. Maudit marché trop loin ! Mais je manque de tout. Manger, toujours manger… Mazette ! J'en ai marre ! Qui va manipuler la marmite demain ? Maquereau marinière et maïs en salade ? Magret en matelote ? Et des mangues,...
Dans un silence noir, les heures vont trottant. L'horloge est le temps ; Des signaux lumineux suspendus à ce mur. Et rien n'est aussi dur Que de subir l'outrage de cette éternité, Cette suavité, Parsemant de soupirs la douceur de l'absence. Mornes indifférences…...
Dans les cendres glacées de mes jours de souffrance Un Phoenix fatigué, aux ailes d'impuissance, S'est levé ce matin. Sa couronne est tressée par des lauriers fanés Qui laissent dans l'éther un parfum suranné. Embaumant le matin. Mais il prend son envol...
Tu vas d'un trou à l'autre mais ne te leurre pas : Mille détails sournois vont entraver tes pas. Ce long cheminement de naissance à trépas Avec ton libre arbitre et ton mea culpa. Tu auras des écueils, des matins sans appâts, Peut-être des colères dans...
Il y a des rivages qu'on aperçoit, tremblants, Frangés de cocotiers ondulant dans le vent. Des oiseaux bigarrés qui scarifient l'azur… Il y a ce soleil, insolent de chaleur, Qui brûle notre peau et nous chauffe le cœur. La musique rythmée qui bat la démesure....
Ouvrir les yeux, par habitude, En secouant le dernier rêve. Ne pas pleurer sa solitude Ni les absences qui achèvent. Ce sont des jours de lassitude. Des jours de grève. Marcher les heures qui s'accumulent Sans piétiner les souvenirs. Ne pas rater un seul...
Impair au Mah-jong, impasse et perte. Alcool amer, survol éphémère, délire… Amertume anthume, incertitude posthume, Autotomie et fractures, blessures ouvertes… Rêves glacés et salive figée, Horizon statique, immobile, désert présent… Des mots incolores,...
La plus haute magistrature Suscite bien des convoitises. Et nombre de candidatures Feront tout pour qu'on les élise. Qui aura donc l'outrecuidance De remplacer notre Hongrois Sans négliger les convenances Car, malgré tout, il y a droit. La prédiction...
L'aurore va tarder mais je n'ai pas sommeil. J'écoute, dans la nuit, filer le dernier train. La lune, enchantée du manque de soleil, Vient titiller ma plume, lui donner de l'entrain… Voici des vers à lyre, tressés gracieusement, Dans l'écrin silencieux...
Je n'aurai point de dol, à gommer les amours Qui ne m'auront laissé que migraines ardues, Chamades débridées et souffrances enfouies Que je laisse exsuder, à tort et à travers, En poésie sereine. Je n'aurai point de hâte, à l'heure du retour, De finir...