Poèmes choisis
Trop de mots prononcés quand j'aurais du me taire, Préférer le silence. Trop de larmes versées, d'efforts velléitaires, Obérant mes carences. Trop de sous dépensés quand je pouvais le faire. Pas assez de prudence. Trop d'attentes déçues quand j'aurais...
De jolis mots sucrés, débordants d'allégresse, Sont venus, ce matin, réveiller ma paresse. Ils ont papillonné, sur ma couche défaite, Trempé leurs jolis pieds dans l'encrier en fête… Ma plume enjouée les a tous attrapés Et je ne peux vraiment que l'en...
La nuit, je vois, dans l'oreiller Des rêves séduisants, gentils Qui attendent d'être cueillis Avant qu'ils ne soient oubliés. Avant que l'aube… Sous mes paupières fatiguées, Mon âme libre se détache. Alors, les ailes déployées, Elle plane heureuse et...
L'horizon incendié allume des nuages Aux carmins éclatants, gouache frangée d'or. Et l'ardeur de Phébus, maintenant encourage Les nuances de feu que mon âme adore : Coruscantes couleurs et quasi moribondes. Car le divin tableau qui, lentement, expire,...
Il pleut sur mon histoire et les vents sont trop forts. Ma boussole cassée, je n'ai pas su le nord. L'eau déborde du verre. Il est bien trop petit Je me dois de partir pour trouver le répit. Des chaînes, des boulets, et qui pèsent très lourd, Me causent...
Ils sont tous réunis, Les frères ennemis. Les uns contre les autres, Jouant les bons apôtres. La Croisette crépite Au G20 hypocrite. Où sont les Jacobins Pour nous sauver du bain ? Voyez tous ces pantins Qui plombent nos matins. Ces banquiers qui s'engraissent...
Cela faisait longtemps, au fil des écritures. Ma plume au garde-à-vous, attentive et docile, Plongeait, obéissante, son fin bec de métal Dans l'encrier de verre et, sans fioritures, Calligraphiait les rimes que mon âme fertile Composait sous l'emprise...
Fin octobre, déjà, les arbres sont rouillés. Mais l'herbe du jardin ne le sait-elle pas ? Soudain, je l'aperçois sur le talus mouillé Et presque sous mes pas. C'est une pâquerette venant juste d'éclore. Avec ses blancs pétales, timides et graciles. Mais...
Novembre est venu dans des éclats orange, Citrouilles et bougies allumées dans la nuit. De petits diablotins, avec des gueules d'ange Ont frappé à ma porte, secoué mon ennui. Puis le vint le souvenir d'amis ou de parents, Sous les marbres glacés, fleuris...
Dans mon ciel déserté, embrumé ce matin, L'éther se fait piquant, floconnent les nuages. Volent les feuilles d'or que, d'un air enfantin, J'attrape, quelquefois, insignifiants otages. Avec tant de vigueur, dans l'encrier vidé, Ma plume s'en allait puiser...
Trahie par Esculape, je me suis vue tomber. Et plus rien, dans ma vie, ne serait comme avant. J'étais presque vaincue et d'un violent sursaut J'ai décidé que non. J'ai livré le combat Pour que l'enfant grandisse. Vivre et rester debout contre vents et...
A Suzâme* Je t'écoute parler d'une lande lointaine, Où le mistral têtu joue les croquemitaine Effrayant les cigales qui se taisent soudain Laissant aux oliviers des rêves de jardins... Je t'écoute parler avec des mots chantants Vocables anodins, pour...
Loin des bruits de la ville, je suis dans ma maison. Je regarde la mer dans un proche horizon. Que j'aime le parfum des bouquets de lavande Et le chant des cigales envahissant la lande Dans le sud de la France ! On aperçoit au loin, le tronc tout rabougri...
J'ai un moral de fer Dans un cœur de velours. Quand le métal se rouille Et le tissu s'élime C'est ma pèche d'enfer Qui fait battre tambour. Je fonce et je me mouille, Ma flamme se ranime. Ne pas baisser les bras. Ne pas perdre la tête. L'humour en bandoulière...
Avec acharnement, la graine a germé. Envers et contre tout, malgré la sècheresse, Elle projette ses feuilles à l'assaut du soleil Pour vivre, à tout prix, son destin et son rêve. La rosée du matin est venue animer L'aduste sol gercé que le doux vent caresse....
Poursuivis par Ladon, à l'appétit féroce, Eros et Aphrodite*, épuisés et sans forces, Se virent arrêtés l'Euphrate en crue Le dragon menaçait des les manger tout crus ! Aphrodite, alors, vers Zeus s'est retournée : Aide-nous ! Pria-t-elle. Il va nous...
- Tu écris tellement, tu as tant de poèmes ! Et je voudrais savoir, tous ces écrits que j'aime, Tu en es bien l'auteur ou tu les as trouvés ? Il faudra me le dire et, même, le prouver ! - Je n'ai pas de secret. Quand j'écris, je suis moi J'ai des vers,...
Crédit photo : JFVC Elle râle, rouspète, ne cesse de crier, Elle montre un côté, de son identité, Qui me heurte, me lasse, m'empêche de sourire : Une mauvaise foi et un verbe souillé… Car ici rien n'est bon et tout est à jeter. Je ne suis plus chez moi...
L'hiver, aux doigts gelés, se fait plus insistant. Je regarde la pie, immobile, un instant, S'envoler tout à coup et, au loin, disparaître. A la cruelle bise, je ferme ma fenêtre. Un peignoir duveteux enveloppe mon corps Et malgré sa chaleur, je frissonne...
Je trouverai ma paix au pays de cocagne En laissant, derrière moi, les joueurs de pipeau. J'ai fini de construire des châteaux en Espagne ! J'emporterai la muse, car je l'ai dans la peau, Et la plume jolie qui toujours m'accompagne. De l'énorme cité oublier...
Dans l'azur triphasé aux confins du désert Les clameurs assassines, la fureur de la guerre, La traque des Rebelles, Le sang du Colonel… Au-dessus des derricks les flammes tourbillonnent. Loin de là, à Paris, il fait froid. C'est l'automne… Dent pour dent,...
Ni cyan, ni magenta , délicat ou intense, Le violet, descendu du cœur de l'arc-en-ciel, A embelli la terre en notes colorées : Le mauve et l'indigo, zinzolin et lavande… Couleur de la noblesse ou de la jalousie, Mystique chiffre sept, t imide violette…...
Il a de grands yeux gris, comme la mer en hiver. Des cheveux tout en boucles lui cachent le cou. Des tâches de rousseur éclaboussent ses joues Et il est là, tout seul, dans le jardin désert. Il va près du bassin, regarde les poissons, Puis revient sur...
La chambre blottie sous le toit Est bien trop calme ! Et je bois, seule, sous le toit Du vin de palme. S'il est un dieu et qu'il me voit… L'horloge tinte. S'il est là-haut et qu'il me voit, Gémir ma plainte ! Je rêve de partir, mais là Je suis tranquille....
C'est une heure fardée, éthérée, incertaine, Dans un ciel qui hésite à être chien ou loup. Déjà le crépuscule allonge sur la Seine Les ombres de la nuit avec un soin jaloux. C'est une heure grimée sur les murs de poussière, Les fenêtres fermées à l'hiver...