Poèmes choisis
Ce fut un cri du cœur, un appel au secours, Lancé dans une toile où la pensée diverge. Traqué par l'hallali, l'espoir survit toujours Refusant, jusqu'au bout, la vague qui submerge. Aux dernières instances, la main inattendue, Le Jugement de Dieu, contre...
Tout ça n'a aucun sens ! Se dit l'homme ahuri En regardant le monde sens dessus dessous. Des gosses travaillant pour une once de riz, Des femmes qui se vendent pour trois francs et six sous. En dépit du bon sens, on fait n'importe quoi. On fonce dans...
Ils sont apparus là, entre ciment et mur, Sur le trottoir muet, livrés à la souillure, Mais offrant à nos yeux l'ineffable beauté De corolles rougies… Tant de fragilité ! Les gens, que j'ai croisés, regardaient ce bouquet Les yeux indifférents, les sentiments...
Chez lui, la capacité N'avait rien d'une contenance. Et le contenu n'était point capable. Ou bien c'était le contenant Qui était trop coupable D'incapacité à se contenir. Nul il était. En fait. Nu il était. Défait. Nu d'effets. De fait. Un bon aryen....
Voici les jolies fleurs que l'amie Cigalette Intentionnellement, ce jour, a publiées. Elle me l'avait promis et n'a pas oublié, Car j'ai vu, ce matin, mon nom sur son entête. Un bonheur pour les yeux et je les aime tant. J'avoue que, de plaisir, je me...
Il devait s'en venir, après tant de silence, Me parler de ce temps où les jours étaient bien. Voir les amis qu'un frère avait connus en France Et se joindre à nous sur des airs brésiliens. Il devait s'en venir. Il n'a pas embarqué. Les autres sont partis,...
J'ai gardé le silence et les mots se sont tus. Ma plume repliée dans l'encrier têtu N'a pas osé écrire une pensée rebelle, Impromptue, nauséeuse, qui se posa près d'elle. Le bureau prisonnier, en terre de promesses, N'était plus que le spectre d'une maladresse....
Le merle m'a sifflé un bien étrange trille : - Vois Phébus, arrogant ! Il s'impose et brille ! J'aimerais tant qu'Éole nous apporte la pluie Nous n'avons de fraîcheur que bien tard dans la nuit. Pas une goutte d'eau pour nos gosiers à sec, Pour éloigner...
On m'a souvent aidée, libérée de ces trappes Où je pouvais moisir. Parce que rien n'est simple et tout ce qui vous frappe Peut nous anéantir. Des amis de passage, des inconnus, parfois, Qui ne demandaient rien Et ne se vantaient pas en s'occupant de moi,...
Un jour je partirai, car je suis de passage, En laissant tout ici. Je n'emporterai rien. Notamment mes écrits, j'ai plus de mille pages. Des confessions. Ou pas. (Parfois je me retiens). Réalités ou non, vérités ou mensonges, J'écris pour le plaisir,...
Mes congénères sont étranges : Vivant comme s'ils n'allaient jamais Mourir. Se croyant éternels, Meurent sans avoir vraiment vécu. C'est une silhouette orange Qui a dénoncé ces méfaits. Paroles sages et si réelles. Mais personne ne l'a entendu. L'océan...
J'ai invité, un soir, autour d'un bon repas, Deux amis estimés ; juste pour bavarder. Je suis accompagné, dit l'un. Et pourquoi pas ? Et c'est un bon convive ? Ai-je alors demandé. C'est un ami très cher. D'accord, il peut venir. Menu : quatre personnes....
La nuit qui enveloppe les jardins éblouis Apporte une fraîcheur apaisant la nature. Mais le matin revient, avec un ciel bleui, Sans une giboulée pour baigner les pâtures. La terre se durcit, se craquelle, assoiffée. Le blé ne pousse pas et les bourgeons...
C'est en mai ou en juin, les dates sont changées Par l'esprit tortueux d'une folle mégère Qui t'a leurrée cent fois, laissant envisager Qu'en mai tu fêterais ce faux anniversaire. Et le temps a passé, tardant à te donner Les réponses grevées de mensonges...
Voilà plus de vingt ans que je chéris ce jour. Malgré nombre d’erreurs et aussi quelques fautes, Tu t’en sors plutôt bien, tu as la tête haute Dans cette vie qui est un aller sans retour. Je devine, amusée, ton regard sous-titré : « Super, le petit mot,...
Étendue de satin, clapotis de novembre, La plage désertée. Nuages éthérés, les vagues qui se cambrent Entourant la jetée. Dorment les coquillages, sur le sable, bercés De litanies de nacre ; Mais le baiser salé des embruns est glacé. Et je verrai le sacre...
Il y a tous ces mots qui sont venus à moi Hémistiches divers qui m'ont mise en émoi. Ou vocables listés comme cet inventaire Que nous avait écrit Monsieur Jacques Prévert. Ils déferlent la nuit, me secouent, en passant. Des impromptus osés, éléments sous...
Juste devant chez moi, ouverte tous les jours, Une épicerie rouge fait cuire dans ses fours Des croissants et des pains, des baguettes dorées… On y trouve de tout et on peut se garer : Stationnement permis pour les nombreux clients. Le sourire d'Alex,...
Il ne saura jamais que j'ai pleuré pour lui, Ce chien courbant l'échine, reniflant le pavé. Que la mort surprendra, juste au coin de la nuit, Que j'aurais recueilli, que je n'ai pu sauver. Délaissé, rejeté, peut-être abandonné Parce que trop costaud ou...
Je marche sous la ville, impersonnelle, dure, Les tunnels, les néons, la foule, les ordures, Un monde souterrain, malsain, contre nature. Les fourmis torturées se croisent, se bousculent, Affichant des rictus aux contours ridicules, Et, dans leurs yeux...
Voilà que je m'englue car je suis désarmée. Je ne vois que des murs et des portes fermées, Ma vie subordonnée et des peurs indigestes, La lourdeur de mon pas, la lenteur de mes gestes… Je marche dans ma tête et je ne peux rien faire. Attendre patiemment...
A la croisée des eaux, c'est Agde la tranquille, Affichant son basalte sur les murs de la ville, Qu'un Éphèbe de bronze, Alexandre, sans doute, De la rocade sud, en surveille les routes . Et Phébus déversant son brasier estival Fait trembler l'horizon...
C'est l'heure un peu floue, superbe crépuscule, Quand s'avance la nuit et que le jour recule ; Quand l'oiseau s'est posé, que les ramées frissonnent Sous l'haleine fraîchie de la brise d'automne. Sur le trottoir luisant d'une averse soudaine, Les ombres,...
Ô combien de poètes, aux plumes adorées, Ne seront jamais lus, leurs textes ignorés… Ils oublient quelquefois, dans de sombres calices, Des vers si délicieux, donnés en sacrifice. Ils se disent damnés, incompris de leurs pairs. Vivent en parallèle, révoltés...
Dédicace pour Philippe Il raconte, ému, l'île, son univers Et ses houles intimes qui baignent chaque vers. Ses envolées de plume d'orfèvre exalté, M'emportent, chaque fois, en ces lieux enchantés. C'est entre ciel et mer, qu'il vit, épanoui, En tressant...