Poèmes choisis
Ta lettre, si gentille, m’a fait beaucoup plaisir. Mais partir à la ville ne me dit rien qui vaille: Tu sais, tes boulevards me font un peu sourire Comparés à mes champs qui sont de belle taille. Tu me parles d’autos, d’immeubles et de «télé». Je vois...
J'ai essayé d'écrire une petite fable... Le mur a dit au lierre : «Moi, j’ai vaincu le temps. Je ne suis né d’hier : J’ai bien plus de cent ans ! Je suis peut-être fier. Peut-être, assurément. J’ai, été comme hiver, Tenu farouchement. J’ai bravé bien...
Quand l’horizon noircit Dans tes nuits sans espoir, Tu es à la merci Du cafard. Quand ta peau se souvient Qu’elle n’a plus de caresses, Son sourire te revient Sans tendresse. Quand tes mots sont des armes Brandies vers des moulins, Tu n’as plus que des...
Des vers se sont brisés sous les assauts du vent. Leurs éclats pathétiques suintent de mes mains. Je les laisse couler, dans un reflux mouvant, Décorer les émois que j'écrirai demain. Et Phébus me revient inondant mon balcon Fatigué de grisaille, amputé...
Ta requête impromptue mérite réflexion. Rédiger un sonnet avec point d'ironie… Le voici : inversé de l'interrogation Il ponctue le risible, la mention, le déni… Il serait judicieux qu'il vienne s'ajouter - Je le dis simplement et là point d'ire honnie...
Pour fêter mon anniversaire. (Encore un an sur cette terre) Je voudrais, comme tous les ans, Avec des amis complaisants, Faire une auberge sympathique : Des sourires et de la musique, Une occasion de faire la fête Pas rester seule avec ma tête ! Je ferai...
Nina Padilha Naissance en douceur ces mots quelle impudence ! Inflexible envie alimentant l’autan Nouant à ton cœur ce temps nous invitant Aux sons, l’espérance Préserve à ton âme enfin l’été constant, Avivant ces chœurs d’aucune indifférence Diligente...
Lundi La lune est si ronde ! J'écris avec faconde… Mardi Mars qui va rougissant : L'encre est rouge sang. Mercredi Mercure qui m'inspire Encore quelques soupirs. Jeudi Jupiter qui s'avance Pour me livrer des stances. Vendredi Vénus qui vient le soir Avec...
. En ce dimanche gris, j'ai ouvert la fenêtre : La pluie avait calmé le vent qui s'entêtait A gifler les nuages. Les arbres du jardin, qui cherchaient à renaître, Ourdissaient doucement la sève qui montait Pour un nouveau feuillage. Sentinelles noircies...
Je ne suis qu'une sphère perdue dans le cosmos. Je m'appelle Yarka, et je suis la jumelle De la planète bleue, si changeante et si belle, Où grouillent nos enfants qui aujourd'hui se gaussent. Ils ont perdu les clés et se fourvoient souvent. Ils inventent...
Les nuages s'engrisent Cet hiver s'éternise. Je me terre, je me cache. Et je n'ai pas de cash Pour m'évader ailleurs Sous un climat meilleur. Mon humeur est morose Et mes fenêtres closes. J'écris de tout mon saoul Ma poésie refoule La hideuse misère Où...
La partie est serrée. J'ai la main mais je passe : Je vise le brelan. A mon tour. Je questionne. Une carte et puis deux. Une reine, un as ? Un quatre et un neuf. Et il y a maldonne. Mais pourquoi je m'entête ? Le hasard est farceur. Je perds toutes les...
Au milieu de la nuit, Le sommeil qui s'enfuit… Allumer la télé, Choisir un pis aller. Un homme souriant Avec des cheveux blancs, Parlant avec faconde D'au-delà de ce monde. Reportage vanté Sur notre voie Lactée. Une cosmogonie De ce ciel infini. Et des...
Je suis là, je t'attends, Mais tu n'arrives pas. Où es-tu, mon amie ? Je te cherche à plein temps Et j'ai le mal de toi. Non, je n'ai pas compris ! Tu m'as laissé en plan ? Irritée contre moi ? Abandonné ici ? Je ne suis pas méchant. Carmen, entends ma...
Il est déjà cinq heures ! Blanche nuit et rose aurore Gris sont les nuages qui nous viennent de l'ouest Le sommeil attendu n'est jamais arrivé. J'ai envie d'un café. Noir, corsé et très fort. La migraine s'installe. Ma plume se fait leste. Je pose quelques...
Oubliant les errances et malgré les erreurs, Ai-je cru, un moment, qu'atteindre le bonheur Etait, finalement, pour un cœur aguerri, D'apercevoir un jour les cheminées d'Ivry... Après bien des absences et malgré les ardeurs, Ai-je cru, un instant, qu'étreindre...
Et si, demain, Le ciel s’éteint Pour devenir un noir néant. Que des ténèbres, comme avant. Est-ce que j’aurai peur ? Et si, demain, Le ciel devient Un trou béant sans une étoile, Sans une aurore boréale. Est-ce que j’aurai peur ? Est-ce que j’aurai peur...
Devant la porte de l'usine Le travailleur soudain s'arrête. Il est six heures et, quelque part, Son rêve bleu l'attend toujours. Celui qu'il berçait en sourdine Mais qui lui trottait dans la tête… Enfin, il n'est jamais trop tard, Demain sera un nouveau...
Je n’aime pas la solitude, Les monologues et le silence. Pourtant, j’en ai pris l’habitude Même si, parfois, j’ai le cœur rance. Tu es venu faire ma conquête. Tu veux te rendre indispensable. Tu m’as donné mal à la tête : Tu t‘es rendu insupportable !...
Ma mémoire tressaille... J'ai connu la mitraille, Les princes, la racaille, Les dames et la volaille, Les joyeuses pagailles, La faim et la ripaille, Mis le feu aux broussailles. J'ai dormi sur la paille, Evité des tenailles, Tenté des représailles. Aujourd'hui,...
Lovée au bord d’un rêve, captive de la nuit, Je m’accroche au silence qui rôde et qui s’enfuit Houspillé par la ville qui, lentement, matine. Des ombres singulières, insolentes et mutines, Jouent à l’attrape cafard, secouant mon sommeil. L’aurore se fait...
L’amour, c’est le nerf de la vie. Ça vous met la tête en folie. On est heureux pour trois fois rien. On se sent neuf. On se sent bien. Et puis, quand l’habitude est là, On se dit que ce n’est plus ça. C’est même idiot, faire tant d’histoires. On s’en...
Comment vous dire, ici, cette paix délicate Qui règne dans mon cœur, déserté, indocile, Panacée attendue effaçant les stigmates Que seule Polymnie contournait, malhabile ? Comment vous dire, aussi, cette étrange guidance Qui emporte mon corps, fragile,...
Ainsi va la vie. Avec le cœur qui se rebelle, Avec les jours qui se rappellent. Ainsi va la vie. Avec le cœur qui s’ankylose. Avec les jours et plus grand chose. Quand tu seras vraiment sur scène Il faudra bien que tu comprennes. Pourquoi ton père, Pourquoi...
Au pays Utopie je m'étais arrêtée Pour vivre de ma plume à l'ombre de l'été. Car c'est une contrée où l'ivresse à ses droits, Le cœur a ses raisons et le rêve y est roi. Mais je ne savais pas que l'ignoble réel Pouvait m'y débusquer, chasser mon naturel,...