Poèmes choisis
Coulant timidement à l’ombre d’un sous-bois, Un ru rafraîchissait le cresson et la menthe. C’est là que j’ai osé, pour la première fois, Appeler, de mes vœux, la muse qui m’enchante. Elle est venue à moi, avec simplicité, M’a donné une plume en me disant...
Un sommeil agité, obéré de mal-être, M’a ôté le repos espéré un moment. Alors, je suis restée debout à ma fenêtre, En regrettant Morphée, mon infidèle amant. Ma plume, réveillée, proposa l’écriture, Pour soulager, en vers, le chagrin de cette heure. Elle...
Repue de ses excès elle marche, voûtée, Le regard silencieux et le geste arrêté. Il y a trop longtemps qu’elle a changé de vie Et que la moindre chance lui a été ravie. Elle ne craint pas le froid et se gausse du vent. Elle se force un peu pour aller...
Où est passée ma plume ? Je la cherche partout. A-t-elle été la proie d’un espiègle matou ? Ou bien elle se cache. Je la sais si taquine. Elle aime tant jouer, guillerette, mutine. Je ne la trouve pas. Je crois qu’elle a fugué. Elle aime s’échapper, aller...
Je peux encore te faire honneur Et te serrer contre mon coeur. Ecoute-moi Te dire joyeux anniversaire. Te dire je t’aime à ma manière. Des mots comme ça. Avant que vienne le silence J’ai déjà mal de ton absence. Ne m’en veux pas. Quand tu seras dans l’autre...
Elles sont aériennes, dans un ciel boréal, Ces aurores graciles qui, déployant leurs voiles, S’agitent doucement, suspendues aux étoiles, Illuminant la nuit de façon magistrale, Ondulant mollement ses couleurs triomphales. Mouvance théâtrale. Et les Amérindiens,...
Vous qui passez en douce, pour lire mes écrits, Je sais que, bien souvent, vous êtes horrifiés Car ma muse s’amuse, toujours à cloche-pied, Et fait grincer la lyre, en voulant versifier ; La prosodie bafouée d’alexandrins meurtris. Mais sachez, cependant,...
Et tout a commencé au réveil de ce jour. Mes yeux, à peine ouverts, le malaise s’installe. Un étau douloureux enserre le pourtour De mes tempes brûlantes. Et j’ai mal quand j’avale. L’estomac se révulse, le café me dégoûte, Le moindre petit bruit devient...
L'ombre de son père Tu es venu avec l'automne, Un soir d'orage, bien loin d'ici… Dans ton berceau, la Fée Maldonne, A déposé quelques soucis ! Mais les années s'additionnant Tu as forgé ton caractère. Un résultat satisfaisant Qui doit combler ton pauvre...
Ils volent bien trop haut, ces étranges chasseurs, Mais laissent des sillages d’immaculée blancheur Au ciel qui s’ennuage, déjà, vers le ponant En promesses de pluie aux vents tourbillonnants. Où vont-ils ces oiseaux, aux ailes de métal, Filant à vive...
Vertiges nauséeux de cauchemars terribles, Je tombe chaque fois. Ce vide qui m’aspire et ne craint pas vos Bibles Aura raison de moi. Mes nuits que je voudrais tranquilles et paisibles Se peuplent quelquefois D’étranges créatures hideuses et horribles...
. Près des saules pleureurs, dans le jour mollissant, J’aime le chant de l’eau, clapotis frémissant, Qu’entonne la rivière dans sa liquide embrasse Au sillage boueux des péniches qui passent. Près des pierres moussues, sur l’herbe renversées, J’aime le...
Le printemps qui bourgeonne, Aux arbres de ma rue, Rend les filles mignonnes, Riantes et court vêtues. Les moineaux qui ratissent Un ciel devenu bleu, Attisent la malice Que les hommes ont aux yeux. Le sentiment perd la boussole, Dans les refrains des...
On m’avait demandé de faire mon portrait. De dire qui je suis et de me raconter. Je n’aime pas trop ça. Mais si vous insistez… En rimes, s’il vous plaît, en voici quelques traits. Bonjour, je me présente : Nina, pour vous servir. Enfin, comme l’on dit,...
Un jour, un philosophe a dit Que, pour bien réussir sa vie, Il fallait planter un arbre. J’ai trouvé le mot très joli Mais, après tout, me suis-je dit, J’ai déjà planté plus d’un arbre ! Ce philosophe dit, également, Qu’il fallait avoir un enfant. Un...
Empilant ses cartons, une nuit de printemps, Le fiston décidé, je sais, il était temps, M’annonce, souriant, qu’il a pris son envol. Et le voilà qui part. Soudain je me désole. Car je sais les silences qui l’accompagneront, Quand les jours sont amers...
. Un énorme caillou, voyageant, égaré, Venu du fond des âges intersidéral, S’approche, en silence, menaçant, infernal, De cette belle terre que les hommes ont brûlée. Ils ne nous disent rien mais œuvrent, nonobstant, Dans le plus grand secret, à changer...
Je leur dirai : la Bible ne fait pas le moine Et autres vérités longtemps cachées, idoines… Que le beau Paradis qu'on leur promet, sur terre, Pourrait être un auvent des portes de l'Enfer ! Sauront-ils ouvrir les yeux, écouter mes mots Et panser leurs...
. Autour de l’agora, une foule empressée S’agglutine déjà comme ces hommes laids Revenant des combats, ayant été blessés, En se tenant debout aux marches du palais. Car Périclès est mort et déjà on convoite La place de celui, qui écrasant Cimon, A su...
. Dans un ciel presque bleu je vois évoluer, Au-dessus des maisons, Un strato-cumulus et sa blanche nuée Aveuglant l'horizon. Ma plume, réveillée par le chant des oiseaux, Se dérobe à mes doigts ; Effrayée par le bruit émanant des zozos Qui habitent chez...
C’est un illuminé qui se veut éclairé. Pourtant sa plume noire a des accents charmants. Son silence glacé et ses mots à l’arrêt Démentent les éclairs de son regard d’aimant. Serait-il pathétique ? Il sera contre vous, cherchera à vous plaire. Le geste...
Mais que les vers sont beaux, surgissant du néant, Jaillissant de mes doigts, dansant sur mon écran, La musique des mots, aria mélodieux, Qui enchante mon âme et dessille mes yeux. Un pendant à mon cœur, ton majeur, sans bémol Qui me donne les clés de...
Des nappes en vichy brun accueillent nos fringales Lorsque, le lundi soir, on vient se réunir Autour d’un verre de vin et d’une pizza royale Et partager, ensemble, quelques éclats de rire. Le patron est aimable et son sourire est beau. On se sent en famille,...
C'est un jour de départ et le temps est superbe Je me suis réjouie de voir le blé en herbe ; Le réveil des prairies en ces jours de printemps, Un clocher, des chevaux, un village, un étang… Verdissent, joliment, collines et coteaux, Des oiseaux alignés...
Il me fallait entendre et l'homme m'a parlé. Un geste généreux et le verbe tranquille. Des mots si nécessaires. Et je l'ai écouté. Il me fallait agir et l'homme m'a tancée. Un geste mesuré et le verbe civil. Des mots si solidaires. Et je l'ai approuvé....